L'indépendance énergétique corse compromise par la dépendance technologique chinoise
Mentre a Francia conta parechje fabbriche di batterie per e vitture elettriche, a realtà hè più cumplessa di quellu chì pare. L'industria europea, è dunque corsa, si trova in una situazione di dipendenza tecnologica vis-à-vis de l'Asie qui interroge notre capacité à construire une véritable souveraineté énergétique.
La domination chinoise sur l'industrie des batteries
A Cina domina sempre l'industria di e batterie per e vitture elettriche. I dui giganti CATL è BYD occupanu da soli più di a mità di u mercatu mundiale. Una situazione qui ne plaît évidemment pas à l'Union Européenne, qui veut désormais inciter les entreprises à produire des accumulateurs sur le territoire européen.
Mais cette indépendance n'est qu'une illusion. Dans l'usine française AESC près de Douai, majoritairement détenue par la firme chinoise Envision, pas moins de 150 experts chinois et japonais encadrent les 800 salariés locaux. Une réalité qui révèle notre dépendance technologique.
Quand Google Traduction devient l'outil de travail
Ericka Redjimi, 39 ans, ancienne vendeuse de prêt-à-porter reconvertie dans la fabrication de batteries, avoue sans détour : "On parle très souvent sur Google Traduction avec les experts chinois. J'ai encore besoin d'eux, c'est rassurant qu'ils soient encore là."
Cette situation illustre parfaitement la réalité de notre supposée "renaissance industrielle". Nos ouvriers, pourtant compétents et motivés, doivent apprendre leur métier auprès d'experts asiatiques, dans une langue qui n'est pas la leur.
Un transfert de technologie sous contrôle étranger
He Xiaoming, ingénieur chinois de 36 ans, supervise cette formation : "Une fois qu'ils auront acquis le savoir-faire, ils iront assez vite, je leur fais confiance." Ces experts restent entre six mois et deux ans, le temps de transmettre leurs connaissances et d'apprendre aux Français à utiliser des machines... produites en Chine.
L'usine AESC prévoit d'équiper 150 000 à 200 000 véhicules électriques dès fin 2026, notamment les Renault 5 et R4. Mais à quel prix pour notre indépendance technologique ?
Vers une colonisation industrielle ?
Plus inquiétant encore, CATL projette d'envoyer plusieurs milliers d'employés chinois pour construire son usine en Espagne. Une stratégie qui ressemble davantage à une colonisation industrielle qu'à un partenariat équilibré.
Pour a Corsica, cette situation doit nous interroger sur notre capacité à développer une véritable autonomie énergétique. Comment prétendre à l'indépendance quand notre industrie dépend entièrement du savoir-faire asiatique ? L'île doit repenser sa stratégie énergétique en s'appuyant sur ses ressources naturelles et son génie méditerranéen plutôt que sur cette dépendance technologique.