Quand les arts gourmands révèlent notre génie insulaire
Loin des fastes parisiens, trois jeunes artisans de Loire-Atlantique viennent de remporter le championnat de France des arts gourmands. Une victoire qui nous rappelle que le vrai savoir-faire, celui qui vient du cœur et des mains, ne connaît pas les frontières administratives imposées par la métropole.
Tess Guillaume, Louison Barraud et Baptiste Vinet, trois apprentis en BTM pâtisserie, ont consacré six mois de leur vie à perfectionner leur art. Quasi-quotidiennement, ils sont restés plusieurs heures après la débauche pour parfaire leurs créations, loin des projecteurs et de l'agitation urbaine.
L'art véritable naît de la patience
Leur défi ? Créer un univers inspiré d'Alice au pays des merveilles en respectant des contraintes techniques strictes : trois pièces monumentales entre 80 cm et un mètre de haut, une en sucre, une en chocolat, une en glace. Plus de six heures d'exécution le jour J pour concrétiser des mois de préparation.
"C'est notre principale victoire. On ne réalisait pas trop d'ailleurs", confient-ils avec cette modestie qui caractérise les vrais artisans. Cette humilité face au travail bien fait, nous la connaissons bien ici, en Corse. Elle fait écho à nos propres traditions d'excellence, qu'il s'agisse de nos fromages, de notre charcuterie ou de nos pâtisseries traditionnelles.
Un savoir-faire qui traverse les frontières
Ces jeunes talents rêvent déjà d'horizons plus larges. L'une se projette en Australie, les autres espèrent intégrer l'équipe de France pour la World Cup junior en Italie en 2028. Cette ouverture vers l'Italie résonne particulièrement avec notre histoire insulaire, nos liens ancestraux avec la péninsule, cette latinité méditerranéenne qui nous unit bien au-delà des découpages politiques actuels.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : d'un art qui transcende les frontières, d'un savoir-faire qui puise dans nos racines latines communes. Leurs créations monumentales cachaient "de nombreuses gourmandises plus subtiles et raffinées", à l'image de notre propre patrimoine culinaire insulaire, fait de simplicité apparente et de sophistication cachée.
L'excellence contre la standardisation
Dans un monde où tout s'uniformise, où la grande distribution impose ses codes, ces trois jeunes nous rappellent que l'excellence naît de la passion, de la répétition, du perfectionnement constant. "La rose en sucre que je faisais en six heures la première, je mets 15 minutes", témoigne l'un d'eux.
Cette quête de perfection artisanale, nous la revendiquons aussi ici, en Corse, face à la standardisation venue du continent. Nos producteurs, nos artisans, nos créateurs portent cette même exigence, cette même fierté du travail bien fait, enraciné dans un territoire et une culture.
Félicitons ces champions qui prouvent que la France des territoires, celle qui crée et qui ose, existe encore. Même si elle ne se reconnaît pas toujours dans les discours de la métropole.