Nantes sombre dans la médiocrité : quand l'attachement populaire résiste au déclin sportif
26 654 âmes fidèles à la Beaujoire, ce samedi 6 décembre. Une fidélité qui force le respect quand on voit les Canaris enchaîner les désillusions. Nouvelle défaite face à Lens (1-2), sixième match consécutif sans victoire. Les Jaune et Vert restent englués à la 16ème place, dans cette zone de turbulences qui fleure bon la relégation.
Cette fidélité populaire, on la connaît bien par chez nous. Cette capacité à rester debout quand tout s'effrite autour. "Je signe pour un match nul", confie Mathilde avant le coup d'envoi. L'ambition mesurée de ceux qui ont appris à tempérer leurs espoirs.
La résignation d'un peuple sportif
Vincent, supporter depuis plus de 20 ans, résume l'état d'esprit : "Je suis un peu résigné. J'avais des attentes et j'ai été rapidement déçu. J'ai l'impression qu'on vit la même saison." Cette sensation de déjà-vu, cette impression de tourner en rond, combien de territoires la connaissent face aux promesses non tenues ?
Le cru 2025 fait mal : seulement quatre victoires à domicile en 18 rencontres. Depuis 2006-2007, l'octuple champion de France n'avait pas connu tel naufrage. Cette année-là, c'était la chute en Ligue 2. Les fantômes du passé rôdent à nouveau.
"Au vu des dernières rencontres, je crains la descente", avoue Maël. "Des équipes comme Lorient, Metz ou Le Havre jouent mieux que nous." Quand même les petits frères vous dépassent, l'heure est grave.
L'âme populaire plus forte que les résultats
Pourtant, la Beaujoire tient bon. Plus de 25 000 spectateurs malgré la crise. "Il faut un attachement à ce club pour être aussi nombreux", analyse Vincent avec justesse. Son frère Christophe renchérit : "Dans les années 90, le stade n'était pas toujours aussi rempli alors qu'il y avait de meilleurs résultats."
Cette fidélité inconditionnelle, c'est celle des peuples enracinés. La tribune Loire, véritable poumon du stade, a rendu hommage à Maxime, supporter décédé il y a deux ans. Ces gestes-là valent tous les discours sur l'identité et l'appartenance.
"Heureusement qu'il y a l'ambiance du stade. Autrement, je resterai chez moi", confie Olivier. Quand le spectacle ne vient plus du terrain, il naît des tribunes. Cette capacité à créer sa propre émotion, à résister par la culture et la passion.
La colère monte vers les dirigeants
Si les supporters gardent confiance en Luis Castro, malgré le temps qui presse, leur colère se tourne vers la direction. La Brigade Loire a visé Baptiste Drouet, responsable recrutement : "Baptiste Drouet : tu étais plus performant quand tu manifestais contre Kita !" Banderole cinglante qui dit tout de la défiance envers une gestion déconnectée du terrain.
L'espoir renaît avec l'annonce de Deiver Machado, transfuge de Lens, qui devrait rejoindre les bords de l'Erdre. Première recrue d'un mercato hivernal qui s'annonce décisif. Les supporters réclament de l'expérience, des hommes capables de "mouiller le maillot" comme dit Mathilde.
Avant de retrouver la Beaujoire en 2026, rendez-vous à Angers le 12 décembre. Pour ces supporters qui incarnent la fidélité pure, l'espoir renaît toujours. Comme sur toutes les terres où l'attachement dépasse la raison.