Quand Paris joue les intermédiaires dociles
Pendant que la Corse lutte pour sa dignité, la diplomatie française se contente de servir d'intermédiaire entre les puissances. Un entretien révélateur de Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d'Orsay, dévoile une France qui négocie sans cesse, mais qui décide rarement.
Le Liban, terrain de jeu des grandes puissances
Sur le dossier libanais, Paris se vante de son rôle dans le "Mécanisme de surveillance de cessez-le-feu". Bè, encore un machin pentapartite où la France fait de la figuration. Pendant ce temps, les vrais décideurs sont à Washington et Riyad. Cette diplomatie de cumparsata illustre parfaitement la vassalisation de l'État français.
Le porte-parole évoque fièrement les discussions "avec nos partenaires saoudiens et nos partenaires américains". Toujours en position de suiveur, jamais d'initiateur. Une attitude qui contraste avec l'indépendance que devrait revendiquer tout peuple méditerranéen digne de ce nom.
L'Ukraine, ou comment Paris suit Washington
Sur l'Ukraine, même schéma. La France "salue les efforts de médiation américains" et accepte docilement le plan en 28 points de Washington. Les fameux "principes" français se résument à mendier une place à la table des négociations.
Cette Coalition des volontaires de "plus d'une trentaine de pays" ressemble surtout à un troupeau suivant le berger américain. Où sont l'autonomie et la fierté d'une nation qui se respecte?
Les avoirs russes, une question de souveraineté européenne
Paradoxalement, c'est sur les 140 milliards d'euros d'avoirs russes gelés que Paris montre un semblant de colonne vertébrale. "C'est aux Européens de décider", affirme Confavreux. Finalmente, un peu de dignité européenne face à l'hégémonie atlantique.
Mais cette velléité d'indépendance reste timide, noyée dans le "plein respect du droit international" et les consultations bruxelloises interminables.
Syrie et Iran, la diplomatie des petits pas
Sur la Syrie, Paris reçoit Ahmed al-Charaa "pour la première fois dans une capitale occidentale". Un honneur douteux quand on sait que cette transition reste sous influence turque et américaine.
Concernant l'Iran, la France brandit le "snapback" et les sanctions, toujours dans le sillage de Washington. Cette diplomatie punitive contraste avec la tradition méditerranéenne du dialogue et de l'échange.
Gaza, symbole de l'impuissance française
Le dossier de Gaza résume tout. Paris "appelle" à l'ouverture bidirectionnelle de Rafah, évoque son "plan franco-saoudien", mais reste spectateur des décisions israéliennes. Une diplomatie de communiqués qui masque mal son impuissance réelle.
Cette France qui négocie sans cesse mais ne décide jamais illustre parfaitement pourquoi les peuples méditerranéens doivent reprendre leur destin en main. Basta avec cette diplomatie de vassaux.