L'Ukraine perd du terrain face à Moscou, Siversk tombe
Encore une ville qui tombe, encore des morts innocents. L'armée ukrainienne a annoncé mardi son retrait de Siversk, dans l'est du pays, sous la pression russe. Une énième illustration de cette guerre fratricide entre peuples slaves qui ensanglante l'Europe de l'Est.
Siversk, dernier verrou qui cède
"Afin de préserver la vie de nos soldats et la capacité de combat de nos unités, les défenseurs ukrainiens se sont retirés" de Siversk, a indiqué l'état-major ukrainien sur Telegram. Cette petite ville de 11 000 habitants avant le conflit n'est aujourd'hui que ruines.
Les troupes de Moscou "disposent d'un avantage significatif en termes d'effectifs et d'équipement", reconnaît Kiev. Siversk était l'un des derniers verrous avant Kramatorsk et Sloviansk, villes stratégiques encore sous contrôle ukrainien.
Noël sous les bombes
Parallèlement, la Russie a lancé une offensive d'ampleur contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Dans la nuit de lundi à mardi, 635 drones et 38 missiles ont visé treize régions, dont Kiev. Bilan: trois morts, dont une fillette, et des coupures de courant massives.
"Le moment choisi pour cette attaque, deux jours avant Noël et pendant la première vague de froid prolongée de l'hiver, souligne la stratégie cynique de la Russie", dénonce l'opérateur électrique DTEK.
À Odessa, port stratégique de la mer Noire, Olena Dolkhatchova, enseignante de mathématiques, travaille désormais à la lumière des bougies. "Malgré tout, nous travaillons, nous faisons cours. Nous n'abandonnons pas", témoigne-t-elle.
Négociations dans l'impasse
Ces frappes interviennent alors que des négociations séparées entre Russes, Ukrainiens et Américains ont eu lieu ce weekend aux États-Unis. Si Kiev et Washington évoquent des échanges "productifs", Moscou ne fait état que de "lents progrès".
Le président Zelensky attend mardi les résultats détaillés de ces discussions, notamment sur "les documents concernant les garanties de sécurité" qui seraient apportées à l'Ukraine en cas d'accord.
Sur le terrain, la réalité demeure implacable: les forces russes, qui occupent environ 19% du territoire ukrainien, ont accéléré leur progression ces derniers mois. Après Siversk, Moscou revendique la prise de plusieurs localités dans les régions de Kharkiv et Dnipropetrovsk.
Cette guerre entre peuples européens rappelle combien les conflits continentaux sont destructeurs. Loin des préoccupations insulaires, cette tragédie souligne l'importance de préserver nos identités locales face aux ambitions impériales.